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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 19:23
Et oui, nos chefs sont nuls.

Le portrait robot montre un homme froid. Les yeux rivés sur son tableur Excel. Autoritaire, il donne peu d’informations à son équipe, y compris sur la stratégie de l’entreprise. Il est peu en contact avec ses salariés. Leur fournit peu de commentaires sur leur travail. Et attend d’eux qu’ils soient autonomes, même en cas de problème.

Ce portrait du manager français, ce sont les salariés, interrogés au cours de différentes études internationales et européennes, qui le dressent.

«Dans l’esprit du manager, il y a antinomie entre bien-être du salarié et performance de l’entreprise. Il n’a aucune préoccupation de l’humain», résume un spécialiste du stress en entreprise.

Alors, malgré les 35 heures et la sécurité de l’emploi, les salariés français sont ceux qui se disent le plus stressés dans les études internationales. Principal point noir: la faible reconnaissance de leur supérieur. Seuls 57% des Français interrogés par BVA pour BPI-Group en 2012 se disaient satisfaits de la reconnaissance de leur supérieur hiérarchique. Le taux le plus faible des 16 pays étudiés.

«Quand on croise la charge de travail avec le niveau de stress, il y a un lien certes, mais pas très fort. Alors que le lien entre stress et reconnaissance au travail est bien plus important.»

Résultat: les salariés français sont démotivés. Selon une étude européenne réalisée par Hay Group en mai, 64% d’entre eux estiment que leurs chefs n’arrivent pas à créer un climat de travail positif. Seuls les chefs italiens génèrent plus de réponses négatives.

Ailleurs, on discute

Le tableau est surtout sombre lorsque l’on compare la France aux autres pays.

«Dans les pays anglo-saxons, la législation du travail limite les pouvoirs des dirigeants, à travers le pouvoir de négociation des syndicats, ou par des règlements intérieurs très contraignants pour les dirigeants», constate un sociologue et directeur de recherche au CNRS.

Les salariés savent ce que leur supérieur attend d’eux, ils prennent part aux décisions, la parole est encouragée.

En France, la majorité des managers envisagent la direction de manière coercitive, c’est-à-dire dans le but d’obtenir un acquiescement immédiat des salariés.

Les chefs scandinaves, du Benelux, ainsi qu’allemands, suisses ou autrichiens, considèrent en majorité le management de manière démocratique. «Dans les pays d’Europe du nord, poursuit Philippe D’Iribarne, il y a une obligation de discuter, d’arriver à un consensus.»

Malgré les différences de législation et de vision du travail, en Allemagne et dans les pays anglo-saxons les salariés s’impliquent fortement dans leur entreprise, souligne l’Observatoire international des salariés de la TNS-Sofres.

Les Français n’aiment pas leurs chefs

Nos chefs sont-ils en faute? «Dans les écoles de management, ils sont formés à tout sauf à l’humain.»

Le problème vient aussi de la sélection. Celui qui grimpera les échelons ne sera pas choisi pour ses qualités humaines, mais pour ses compétences dans son métier: le meilleur commercial deviendra directeur commercial. Et puis, il y a des raisons plus culturelles. Les Français ont plus de mal à dire du bien de leur entreprise que les autres.

Un tyran nommé Excel

Depuis une vingtaine d’années, les managers voient son poste réduit à faire du reporting, à remplir des tableurs excel, analyser des time-sheet. Les chefs n’ont plus le temps de manager.

«Les managers souffrent d’un problème d’identité», ajoute le secrétaire national de la CFDT-Cadres.

«Auparavant ils étaient uniquement assimilés à la direction de l’entreprise. Mais aujourd’hui ils doivent défendre les décisions d’en haut tout en faisant remonter les demandes d’en bas.»

Et ce, alors qu’ils ont précisément moins de temps pour gérer leur équipe et moins d’informations qui filtrent de la part de leur direction. Face à leur chef, les salariés sont déçus –«ils ont une très haute opinion du management»– et méfiants –«ils ont l’impression qu’on leur cache les choses».

Face à leurs attentes, la déception est trop grande pour les salariés français, qui se reconnaissent peu dans les valeurs de leur entreprise.

En 2005, dans une étude internationale, 68% d’entre eux –plus que n’importe quel autre nationalité interrogée– souhaitaient avoir avant tout un métier intéressant. Mais seuls 23% se disaient prêt à travailler plus pour le succès de leur entreprise. La moyenne internationale est à 61,1%. Sans commentaire...

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