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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 22:59

 


Une centaine de manifestants ont organisé sur les Champs-Elysées, mardi, un apéro décalé pour dénoncer le bonus de 16 millions d'euros versé au PDG du groupe de communication.

devant le siège de publicis

Les manifestants sur les Champs-Elysées. (Photo Floriane Leclerc)

«Maurice descend, ton salaire est indécent!» Il est 12h30, rassemblées devant le siège du groupe Publicis, au 133, avenue des Champs-Elysées, une centaine de personnes protestent contre le bonus de 16 millions d'euros attribué à Maurice Lévy, PDG de Publicis, par le conseil d'administration du groupe. Coupes de champagne et gobelets de cacahuètes à la main, les manifestants, membres des collectifs Sauvons les riches et Génération précaire ou syndicalistes pour la plupart, dénoncent le «double langage» du PDG. En novembre, celui-ci avait lancé, avec quinze autres grands patrons, une pétition appelant les politiques à les taxer davantage, en solidarité avec leurs employés.

Sur la célèbre avenue, la bonne humeur est au rendez-vous malgré la pluie qui tombe de plus en plus fort. «On est venu pour plaindre Maurice, le pauvre. Quand on a besoin de 16 millions d'euros, c'est que l'on a des problèmes dans sa vie», ironise Manuel Domergue, porte-parole de Sauvons les riches, à l'origine de cet apéritif décalé en l'honneur du patron de Publicis. «C'est indécent de verser de telles sommes aux dirigeants quand les salariés sont sous-payés», estime plus sérieusement le jeune homme. A quelques jours de la présidentielle, il espère attirer l'attention des candidats et invite le futur président à «mettre en place une fiscalité dissuasive». En attendant, il boit à la santé du patron.

Turn-over

Entouré d'une nuée de micros et de caméras, Christian Le Franc, secrétaire général adjoint CGT Infocom'Publicis, prend la parole sous le porche de l'immeuble : «On attend que M. Lévy accepte une redistribution plus juste au sein du groupe. Il ne doit pas être le seul à bénéficier d'une telle promotion.» D'autant plus que les conditions de travail sont difficiles, selon le représentant, qui souligne le «gros stress» auquel les salariés sont soumis au quotidien et pointe de nombreux cas de turn-over.

Devant le siège de Publicis, aujourd'hui (Photo Floriane Leclerc).

Distribution de faux billets sur les Champs-Elysées. (Photo Floriane Leclerc)

Les présents sortent de leurs sacs cotillons et serpentins. Alors qu'une pluie de billets de 10 000 euros s'abat sur les petits groupes dispersés, un manifestant, couronne de fleurs autour du cou, se saisit d'un haut-parleur. «Maurice au balcon, Maurice au balcon...» scande-t-il en direction des fenêtres du siège. Pas de réponse. Il plaisante: «Maurice n'est pas là, il est sans doute sur son île!» La foule rit de bon cœur, sous une pluie qui tombe de plus en plus fort.

Cacahuètes

Quelques-uns vont se resservir à la table d'appoint dressée à l'entrée du siège. Cinq bouteilles de champagne presque vides y trônent encore, constellées de confettis et de gouttes de pluie. A côté, Corinne, 44 ans, grignote des cacahuètes. Salariée à Métro Plus, une branche de Publicis, c'est une des rares employées du groupe à être venue manifester. «Je suis pour une redistribution des bénéfices», explique-t-elle, ceinturée dans son imperméable jaune vif. «Notre PDG vient de toucher un énorme bonus alors que nous, salariés, on n'a rien du tout. Ou alors ça!» s'exclame-t-elle en levant son gobelet rempli de cacahuètes. «Cela fait dix ans que je travaille dans cette boîte et je n'ai jamais été augmentée. Je gagne 1 400 euros net par mois, prime d'ancienneté comprise.»

Adossé à l'un des murs de l'immeuble, Alain Romfort, délégué syndical CGT Infocm'Publicis et salarié depuis dix ans, est du même avis: «L'augmentation se fait au mérite. C'est totalement arbitraire. En dix ans, j'ai perdu 20% de mon pouvoir d'achat»

Sous son masque blanc pailleté, Ophélie Latil, 28 ans, membre de Génération précaire, attire l'attention sur les conditions de travail des stagiaires de Publicis. Ceux-ci représentent 35% des salariés du groupe. «On les fait travailler le soir tard, le week-end aussi. Et ils ne sont payés que 400 euros par mois alors qu'ils font le travail d'un consultant. Ce n'est pas normal», lance-t-elle, avant d'ajouter: «Avec ses 16 millions d'euros, Maurice Lévy aurait pu embaucher 740 personnes en CDI.»

 

Libération mardi 10 avril

 

Voir : http://www.liberation.fr/economie/2012/04/10/serpentins-et-confettis-pour-le-bonus-de-maurice-levy_810747#s1

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Published by Super consultant
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BM 15/04/2012 18:26

Bon bin moi, ça fait 21 ans que j'ai le même salaire.
45% de pouvoir d'achat en moins.
Qui dit mieux?

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