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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 18:39

 clapLeMonde.fr , 15/06/2012 :

La situation était devenue intenable. Maurice Lévy, en tant que patron de Publicis, connaît trop bien les rouages de la communication pour ne pas tirer tôt ou tard les conséquences de la polémique suscitée par sa rémunération. En démissionnant, jeudi 14 juin, de la présidence de l’Association française des entreprises privées (AFEP), il répond ainsi aux critiques qui étaient de plus en plus nombreuses. Celles des leaders politiques, mais aussi, plus gênant, celles issues de son propre camp.

Bien sûr, aucun patron n’a pris la plume ou la parole publiquement pour ajouter la polémique à la polémique, mais les confidences de quelques-uns et la petite musique que l’on pouvait entendre ces dernières semaines dans les fédérations locales laissaient deviner qu’il serait de plus en plus difficile à M.Lévy de continuer à être le meilleur avocat des grandes entreprises.

Dans sa lettre de démission, M.Lévy le reconnaît bien volontiers. Dont acte. En même temps, il se justifie une dernière fois, en rappelant que ses 16 millions d’euros constituaient une rémunération différée, fruit de neuf années de travail et de valeur créée pour l’entreprise. «En France aujourd’hui, on condamne la réussite», peste-t-il en guise d’ultime argument. Beau slogan, mais un peu réducteur face à la nature du débat.

Débat qui, au passage, n’a pas lieu qu’en France. En témoigne la réaction cette semaine des actionnaires de WPP, le grand concurrent de Publicis, qui ont refusé de voter les 60% d’augmentation que voulait s’octroyer le PDG, Martin Sorrell. On peut polémiquer à l’infini sur des chiffres qui ne veulent plus dire grand-chose au commun des mortels. Nous n’en rajouterons pas.

Mais, au-delà, ce qu’aurait dû anticiper M.Lévy, c’est se dire que doubler sa rémunération variable en même temps qu’il annonçait haut et fort renoncer à son fixe n’était pas compréhensible. C’est se dire qu’appeler ses pairs à payer plus d’impôts, six mois avant de toucher son bonus différé n’était pas d’une grande cohérence. C’est se dire que prétendre à une indemnité de 5,4 millions d’euros au titre d’une clause de non-concurrence le jour où il quittera Publicis, à 75 ans, n’était pas raisonnable.

On ne refera pas les Français, qui sont d’incorrigibles cartésiens. Ils estimeront sans doute qu’en démissionnant M. Lévy a pris la bonne décision.

 

Twitter: @StephaneLauer

 

Mais, au fait, qu'est-ce que l'AFEP ?

Fondée en décembre 1982 après l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, cette association réunit presque tous les patrons du CAC 40 et des grandes sociétés françaises. Elle représente des milliers de milliards d'euros de chiffre d'affaires et plus de 5 millions d'emplois. Secrète au possible, c'est l'un des lobbies économiques les plus puissants de France, essayant d'influençer aussi les décisions qui se prennent à Bruxelles.

 

Dans son code de gouvernement d'entreprise, l' AFEP et le MEDEF définissent les grands principes des rémunérations des dirigeants d'entreprise :

Il y est dit, entre autre, que "La rémunération des dirigeants mandataires sociaux de l’entreprise doit être mesurée, équilibrée, équitable et renforcer la solidarité et la motivation à l’intérieur de l’entreprise. Le souci d’explication et d’équilibre doit également prévaloir à l’égard des actionnaires. Elle doit aussi tenir compte, dans la mesure du possible, des réactions des autres parties prenantes de l’entreprise, et de l’opinion en général. Elle doit enfin permettre d’attirer, de retenir et de motiver des dirigeants performants. " (!!!)

 


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