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Si le président du groupe UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine a fait plutôt bonne figure, il a revanche été incapable de se prononcer sur une question pourtant simple : « Faut-il limiter les revenus les plus indécents ? ». « Vous savez, a-t-il digressé, dans mon département, il y a des riches et des pauvres. Et il ne faut pas les opposer les uns aux autres ». Facile à dire quand on ripaille au Rotary, Jean… Mais pourquoi de telles inégalités ? « Il faut savoir, a répondu le conférencier, que si certains sont riches, c’est parce qu’ils ont beaucoup travaillé ». Faut-il comprendre que les pauvres le sont parce qu’ils n’ont pas assez travaillé ? Explication exquise dans la bouche d’un de ces héritiers qui, pour reprendre la phrase de Beaumarchais, « se sont contentés de naître ».
Décidément, le jeune homme à la dérive avait besoin de solides amarres à la réalité. Au menu du « kit de survie pour retour sur terre », le livre Sois stage et tais-toi lui a été offert, qui présente des témoignages de stagiaires de son âge, exploités par leurs employeurs.
Hélas, triste témoignage de l’état de délitement de nos élites, nos slogans « Au Rotary / J’ai vraiment pas d’amis », « Taxez les Rotariens / Aidez les roturiers » et autre « Première, deuxième, troisième maison de campagne / La propriété, c’est le bagne » n’ont pas séduit outre-mesure les sommités du Rotary, qui ont repris en cœur durant de longues minutes « Cassez-vous / Bandes de cons ». Pas de doute possible, on était bien en Sarkozie…
Bilan des opérations : la pétition a recueilli zéro signature et le journaliste de France Inter a renversé un verre de vin rouge sur la table.
Le Collectif « Sauvons les riches », vise à instaurer un revenu maximal autorisé
européen, de l’ordre de 30 fois le revenu médian, au-delà duquel les revenus seraient massivement imposés, sur le modèle de ce qu’avait instauré
Franklin Roosevelt en 1942, qui a fait chuter les inégalités aux Etats-Unis pendant 40 ans. Dans ce but, les jeunes contestataires, armés de baguettes de
pain et de paquets de spaghettis, interpellent à leur manière nos amis les riches, accros à un mode de vie destructeur, non-généralisable, et finalement tellement triste.