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Un sondage est passé inaperçu fin janvier. A tort. Réalisé par l’Ifop pour le cabinet Methys* ses conclusions soulignaient l’ampleur du ressentiment que les cadres
et les employés entretiennent à l’égard de leurs directions depuis le début de la crise. Mépris du travail et incurie des dirigeants : voilà en deux mots la manière dont les salariés résument le
contexte dans lequel ils disent vivre depuis deux ans. Après avoir accepté de mettre les bouchées doubles pour assurer la performance de leurs entreprises, 42% affirmaient dans cette enquête
«ne pas avoir été récompensés du tout de leurs efforts»; 57% constataient amèrement l’incapacité de leurs employeurs à affronter les défis économiques devant lesquels ils ont été
placés.
«Les salariés décodent la crise économique comme l’occasion manquée d’un resserrement des liens avec la direction et d’une évolution des relations hiérarchiques
dans le sens d’une plus grande solidarité. Le sentiment d’un double langage apparaît, ajoutaient-ils, d’une part entre les efforts fournis par les salariés et le manque d’éxemplarité du
management, et d’autre part, entre les efforts consentis et la faiblesse de la récompense reçue en retour.»
Selon cette même enquête, 71% des salariés considèrent «injustes et déconnectées de leurs performances individuelles» les hausses de salaire qui leur ont
été versées.
Récemment, l’APEC tirait la sonnette d’alarme : «Seuls 22% des cadres interrogés, prévenait-elle, s’estiment actuellement gagnants dans leur
investissement dans le travail et ce qu’ils perçoivent en retour.»
* www.methys.com/docs/PresentationMETHYS.pdf