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Le conseil d'administration de France Télévisions a choisi d'entrer en négociations exclusives avec le consortium Publicis-Financière
Lov, holding de l'homme d'affaires et producteur Stéphane Courbit, pour lui céder sa régie France Télévisions Publicité (FTP).
Deux représentants du personnel ont voté contre, et l'administrateur Dominique Wolton s'est abstenu. Ils se sont émus d'une décision
précipitée au regard des nombreuses interrogations concernant le financement du service public audiovisuel. (Bruxelles vient d'épingler la taxe sur les opérateurs télécoms sensée financer France
Télévisions.)
«Nous avons un goût amer», ont déclaré les représentants de la CGT - syndicat majoritaire à France Télévisions. «Nous avons le
sentiment que le patrimoine de l'entreprise est bradé. Nous craignons que dans quelques semaines tous se rendent compte que cette cession était inutile du fait du changement des conditions
légales.»
Pour prévenir les critiques et se couvrir vis-à-vis de son actionnaire, Patrick de Carolis, le président de France Télévisions, a
envoyé un courrier à Christine Lagarde et François Fillon - demandant des assurances sur l'arrêt de la publicité en journée et l'impact d'une éventuelle remise en cause de la taxe
télécoms.
Pour le gouvernement, il est sûr que la «pertinence de l'arrêt de la publicité n'est pas un débat», pas plus que les positions de Bruxelles. «Quand bien même la Commission européenne poserait problème, on ne voit pas le lien avec le financement de l'audiovisuel public. C'est le budget général de l'État qui le finance en fonction d'engagements de part et d'autre. Il serait incongru de décider d'arrêter de financer la télévision publique», souligne-t-on en haut lieu.
Par précaution cependant, l'offre de Publicis-Lov comporte une annexe qui stipule que le «mécanisme de complément de prix» pourrait être étendu «aux années 2012 et 2014 pour couvrir les scénarios théoriques de maintien de la publicité classique, notamment dans le cas d'un décalage de l'extinction de la diffusion par voie analogique».
Patrick de Carolis a affirmé lors de ce conseil d'administration qu'il estimait nécessaire d'entrer en négociations exclusives pour
étudier en détail les problèmes de «conflits d'intérêt» que pose le rachat de la régie par un fournisseur de programmes de France Télévisions (Stéphane Courbit) et un client de la régie
(Publicis).
La négociation portera aussi sur les restrictions du repreneur sur la question sociale. Même si Publicis-Lov s'engage à ne pas recourir à un plan social pendant trois ans en métropole, il n'y a pas de garantie pour les DOM-TOM...