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Le guide Michelin, le plus redouté des guides d’hotels et de restaurants français, qui vient de fêter son 100 ème anniversaire, sort avec l’aide du Groupe Publicis
une nouvelle édition réservée à ceux qui ne comptent aller nulle part.
Fort d'une domination sans égal et d'une influence étendue sur trois continents, ignorant les critiques qui pleuvent régulièrement sur lui, le célèbre guide a été particulièrement intéressé par
la proposition du non moins célèbre groupe de communication, à savoir inventer un guide du “chez soi”.
Grâce à une expérience unique testée auprès de tous les collaborateurs du Groupe Publicis consistant à payer le moins possible leurs congés, la première édition passe en revue tous les critères
intéressants pour rester chez soi et y passer de merveilleuses vacances.
"Nous n'avons pas de concurrent en France ou à l'international", résume Jean-Luc Naret, actuel patron du guide, à qui il a fait franchir l'Atlantique en 2005 avec l'arrivée d'un premier guide
américain (New York) avant Tokyo en 2007 et Hong-Kong/Macau en 2008.
Preuve de son statut, chaque année, la chasse est ouverte dans la presse française pour connaître en avant-première le contenu de l’édition classique du guide. A la même époque, les chefs
angoissent, les patrons d’hotels suffoquent... Mais cette année, avec ce nouveau concept, ce sont ceux qui aiment vivre chez eux qui vont eux-mêmes souffrir s’ils n’ont pas fait un petit effort
pour préparer leur petit nid douillet !
Selon France Soir, l’appartement de Fabrice Fries, l’actuel président de Publicis Consultants gagnerait une étoile. Par contre, le deux-pièces cuisine d’un jeune consultant de Carré Noir n’aurait
même pas droit à un couvert...
"C'est vrai que le Michelin est irremplaçable dans le paysage français. S'il devait disparaître, qu'est ce qu'on s'ennuirait", ironise le critique du Figaro François Simon.
Le principal défaut du guide? "Avoir cédé aux sirènes du marketing. Certains avis sont influencés par une façon de vivre un peu anachronique", souligne-t-il.
Bénédicte Beaugé et Sébastien Demorand, critiques eux aussi lui reprochent pêle-mêle sa vision "franco-centrée", un appareil de mesure - les étoiles - qui peine à souligner la diversité des lieux
de vie, des critères de notation opaques pour un impact économique majeur etc...
Jean-Luc Naret oppose "l'indépendance" du guide et son "impartialité". "Nos inspecteurs notent sur des faits. Ils ne font pas de billets d'humeur. Nous n'entrons pas dans un logement en ayant un
a priori sur l’occupant", rétorque-t-il.
Le Michelin n'accorde-t-il pas trop de trois étoiles aux patrons d’entités établis dans des quartiers cossus ? "Fort heureusement, le confort et le luxe y sont présents. Il faut en remercier
leurs propriétaires. Ils font briller dans le ciel de la France cet art de vivre envié par le monde entier".
Remercions en tout cas le groupe de Maurice Lévy à l’initiative de cette nouvelle idée. Qui à défaut de nous emmener au bout du monde, nous permettra de redécouvrir nos “chez nous”.