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Après un 1er article publié en décembre 2012, le résultat du rachat de la société girondine Cortix par Publicis est assez éloquent...
Sud Ouest-lundi 6 mai 2013
La société girondine Cortix, spécialisée dans la production de sites Internet pour petites entreprises, avait fait vivre jadis jusqu’à 400 salariés, avant de connaître une dégringolade ponctuée par sa liquidation en 2012. 26 emplois semblaient néanmoins pouvoir survivre à cette hécatombe, lorsque, l’été dernier, Publicis Webformance, filiale du grand groupe de communication français, exerçant cette même activité Internet a racheté les actifs à la barre du tribunal de commece de Bordeaux en reprenant du même coup le quart des 107 salariés alors encore en activité.
Hélas, la peau de chagrin a encore rétréci, puisqu’à ce jour, il ne reste plus qu’une douzaine d’emplois dans les bureaux de Ravezies à Bordeaux, qui accueillent les vestiges de Cortix, naguère implantée à Mérignac.
Entre-temps, la moitié des 26 personnes reprises ont fait l’objet d’une rupture conventionnelle entamée dès les semaines suivant le rachat. Selon Maxime Baffert, PDG de Publicis Webformance, « les intéressés n’ont pas voulu poursuivre leur carrière, au sein de l’entreprise, et nous ont fait part leur souhait de partir ».
Même si la rupture conventionnelle suppose le consentement formel du salarié, les propos de Maxime Baffert demandent à être mis en perspective. En effet, ces ruptures sont intervenues alors que la plupart des salariés concernés s’étaient vu inviter à exercer une activité de relation clientèle, qui ne correspondait ni à leur emploi antérieur (comptable, etc.), ni à leurs souhaits, et sans se voir proposer une vraie formation Or Publicis Webformance connaissait les profils de ces salariés, puisque dans son offre de reprise des actifs au tribunal, il avait précisé les 26 postes qu’il voulait maintenir.
Maxime Baffert nous a également indiqué que les salariés initialement maintenus « s’étaient vus proposer un « package » de rémunération incluant une part variable, et plus avantageux que les anciens contrats Cortix ». Il n’est pas sûr, en fait, que tout l’effectif se soit vu proposer ce nouveau « package ». Et en tout cas, ces avantages étaient liés à la signature d’un avenant incluant une clause de mobilité vers les autres sites du groupe (Lyon et Saint-Brieuc). Une clause dont le refus par les salariés concernés a également été un motif de déclenchement des ruptures conventionnelles.
Après la grosse vague de départs de fin 2012, d’autres salariés sont restés. Mais, sous couvert d’anonymat, ils font part de la très mauvaise ambiance de travail régnant dans les bureaux de Ravezies. Dans ces conditions, certains ont choisi de finir par partir à leur tour. Mais Publicis Webformance n’utilise plus la procédure de rupture conventionnelle, qui pratiquée de façon trop systématique, risquerait d’être considérée par l’administration comme un substitut à un Plan de sauvegarde de l’emploi.
Pour compenser ces départs, Publicis Webformance n’a pas embauché sur son site de Bordeaux, ce qui fait que son maigre effectif actuel est bien en-dessous des engagements pris au moment du rachat. Maxime Baffert affirme que cette situation est due au fait que la responsable des ressources humaines se trouvait en congé de maternité - un congé qui semble avoir été bien long. On saura bientôt si Publicis, qui ne manque pas de moyens, fait les efforts nécessaires pour sauver le site bordelais de sa filiale, ou bien si les engagements limités pris lors de la procédure de liquidation ne visaient qu’à habiller le rachat du fonds de commerce de Cortix et de sa clientèle.