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Faut-il encore présenter Publicis Consultants ? Vieille institution, dinosaure publicitaire, pachyderme paraplégique dans un monde en perpétuelle mutation…
A ceux qui comptaient enterrer le groupe à grands coups de créativité, d’idées neuves, de stratégies impertinentes et intégrées, Publicis rappelle que c’est sans compter sur son « sens de la
différence »…. Et comme pour couper l’herbe sous le pied à ses détracteurs, l’agence saisit les pelles, creuse sa tombe et s’enterre dans une contrée aussi lointaine que déserte. C’est
promis la mort sera lente et pénible.
Cette promesse, Publicis l’a aussi, et surtout, faite à ses « collaborateurs »- oui parce que chez Publicis on a bon esprit, on ne parle pas de sous espèce. Chez Publicis tu seras
directeur ou tu ne seras point. Ces directeurs sont à Publicis ce que l’acné est à la puberté… Petits points noirs discrets d’abord, ils ont tôt fait de rougir, gonfler, s’infecter : la mue
a commencé. Lentement mais sûrement, le directeur change de peau : il se fait Vice-Président. Visionnaire de génie ? Talents qui forcent le respect ? Point du tout : chez
Publicis tout homme en capacité d’uriner debout, et plus loin que le reste de ses camarades est un président en puissance. Reste à savoir asseoir son autorité, étancher une soif de pouvoir
destructrice dès ses premières heures de règne, à coup de mails et de discours de réprimande…. Chez Publicis plus le pouvoiiiiiiir monte à la tête, plus c’est bon.
Mais revenons-en à cette promesse forte, fédératrice, porteuse et réjouissante : Suresnes ou le début de la fin… A ceux qui voulaient une vie en dehors de l’agence, à ceux qui tenaient à
voir la lumière du jour, à sentir le monde au cœur de la capitale, à ces parents qui voulaient voir grandir leurs enfants ; à tous ces collaborateurs déloyaux, dépourvus de conscience
professionnelle, de sentiment d’appartenance à la grande famille, à tous ces collaborateurs donc, Publicis a indiqué les sorties de secours « situées à l’avant et à l’arrière de la
galère » avant d’entamer sa grande traversée du désert. Parachutes dorés, mais pas d’indemnités légales… « Chez Publicis, nous sommes fiers de donner le choix à nos salariés :
rentrer dans le rang, être un Publicis consultant dévoué, docile, loyal et toujours motivé, ou prendre la porte en silence et sans perte ni fracas. C’est ça la force de Publicis : nous ne
recourrons, jamais, et j’insiste lourdement car c’est une règle de conduite dont nous sommes très fiers,
jamais OUVERTEMENT au plan social. Ainsi rebaptisé, après brainstorm en haut lieu : « refonte, restructuration, organisation rationalisée pour plus de
lisibilité, et de synergie », les salariés, moutons dociles paralysés par une crise financière opportune, n’y voient que du feu », rappelle fièrement la Direction.
Ainsi, chaque petit poulet de batterie, la plume luisante, et le sourire au bec, fièrement enchaîné à la mangeoire qu’on lui a attribuée, picore déjà en rythme, et au diapason le nouveau grain
suresnois…